MORT PROGRAMMEE DES PETITS VIGNERONS FRANCAIS: SNIF…
Posté par vinoalain le 7 avril 2009
LE SYSTEME ACTUEL :
Quand on sirote un vin de qualité en France (un « Bordeaux », un « chablis premier cru », un « Cotes du Rhône»…), il fait partie d’une des 450 AOC (Appellation d’Origine Contrôlée).
Pour avoir le droit d’inscrire cette AOC sur l’étiquette, le vigneron se doit de respecter quelques contraintes telles que : la provenance du raisin de parcelles géographiques bien définies, le(s) type(s) de raisin(s) à utiliser, le rendement maximum de la vigne, …). Ces contraintes tiennent dans un décret propre à l’appellation et qui est au maximum de 2 pages. De plus, chaque lot de son vin doit également être dégusté par un comité d’experts (des confrères) qui vérifie que le vin présente bien des critères (robe/nez/bouche) « typiques » de l’appellation. De temps en temps, le ministère de l’agriculture (l’INAO) vérifie que ces dégustations se passent bien. Ca ne coute rien au vigneron, et en France on trouve beaucoup de toutes petites exploitations (quelques hectares et 3-4 employés).
LE NOUVEAU SYSTEME :
Une nouvelle loi, Française, vient répondre à un « besoin » de traçabilité soit disant exprimé par les « consommateurs ». Le droit d’utiliser une appellation requiert le conformité à un cahier des charges très détaillé. (On passe environ à une 20aine de pages). Celui-ci contient toute une série d’obligations partant d’un bon sentiment, mais qui deviennent très lourdes pour un petit producteur. De plus il est obligé d’adhérer (cotiser) au syndicat (ODG) de l’appellation qu’il souhaite utiliser. Le contrôle de conformité au cahier des charges est fait par des organismes privés, rémunérés par … le syndicat. C’est un peu la même chose que les agences de notation boursière qui notent les entreprises sur les marchés d’actions et qui sont rémunérées par elles ! On a vu ce que ça donné… Mais attendez, ça n’est pas tout, les contrôles incluront toujours des dégustations, mais, devenant payants (les organismes privés vont facturer chaque contrôle), on peut se demander s’ils seront aussi systématiques que maintenant car aucune fréquence de contrôle n’est imposée par l’état…
Je résume,
-sous le poids des contraintes, beaucoup de petits vignerons risquent d’arrêter de commercialiser leurs vins laissant places aux gros vignerons et aux négociants (qui vendent sous leur marque) => perte de diversité faisant une spécificité française
-sous la charge économique les contrôles d’adéquation à un cahier des charges certes plus précis, risquent d’être moins fréquents et plus partiaux.
Nous consommateurs, allons surement y gagner…
Je vais me consoler en allant diner chez mon voisin qui a préparé une aile de Raie avec un Coteau du Tricastin qui vient d’une toute toute petite exploitation …