Cette semaine, Porte de Versailles, mis à part l’excellent Salon des vignerons indépendants, je suis allé à un autre rendez-vous, lui aussi très porté cette année sur la bouteille : Le Salon Traçabilité.
J’y ai glané quelques gadgets technos.
Les étiquettes de bouteilles sont censées indiquer le vin contenu (c’est l’identification), mais, quelle confiance accorder ? La législation impose à l’embouteilleur d’indiquer sur tout flacon, en plus de sa raison sociale, un numéro de lot (c’est le numéro commençant par un « L », sur l’étiquette, ou gravé sur le verre). Mais ça, c’est juste pour que les pros engagent des poursuites en cas de bibine frelatée. La liste vins/numéros de lots correspondants n’est pas disponible pour le buveur lambda et celui-ci doit donc croire sur parole l’étiquette papier qui indique un « Grand Cru » et accepter de payer un premium… Bref, l’authentification n’est « garantie » que par la confiance dont on crédite son pinardier (et ses fournisseurs).
Certaines étiquettes incluent des codes barre, une ou deux dimensions, mais là aussi il s’agit généralement d’une codification de l’identité du vin. Un « Chablis Grand Cru Grenouille 2007 de chez Drouin » devient un code barre qui peut être très vite lu sans risque d’erreurs. Mais, rien de plus simple à reproduire pour un fraudeur…
Certaines sociétés proposent alors d’ajouter sur l’étiquette de petits hologrammes plus ou moins technos pour tenter de dissuader la contrefaçon (comme sur nos billets de banque). Peine perdue, tout comme les hologrammes des CDs d’installations Microsoft, les pirates les reproduisent vite.
D’autres sociétés (Arjowiggings security, eProvenance, …) proposent des encres (visibles ou sympathiques) utilisant, entre autre, des nanotechnologies. Ces encres sont quasiment impossibles à reproduire et uniques. Placée sur l’étiquette de bouteille, le professionnel pourra, avec un petit lecteur (cher), la détecter. Si elle est là, la bouteille est authentique, sinon, il s’est fait avoir. Mais le gadget n’est pas à la portée de toutes les bourses.
Novatec, vend, pour quelques dizaines de centimes d’euros, un code à bulles sous le nom « Prooftag » qui offre au buveur un certain niveau d’authentification. L’embouteilleur place sur l’étiquette papier (ou mieux, en travers de la capsule de la bouteille pour servir de sceaux) un autocollant comportant : un numéro de référence et ce code à bulles. Les bulles sont réparties de façon unique et c’est ce à quoi la référence correspond. En entrant cette référence sur le portail web de l’entreprise, le buveur voit une photo du code à bulles, le compare visuellement avec celui qui est sur l’étiquette et peut alors authentifier lui-même sa bouteille. (Château Latour et Château Ausone ont choisi cette techno). ![]()
Pour quelques centimes ATT vend un mini code 2D, à peine visible (taille d’une petite coccinelle) et dont on ne discerne pas les pixels à l’œil. Ce code tout petit n’est pas très facile à reproduire et contient l’identification de la bouteille. Il peut être lu avec une caméra spécifique qui lit ce code et identifie/authentifie la bouteille C’est donc réservé à un usage professionnel (montrer un système anti-fraude, c’est « effrayer le consommateur » m’a assené le commercial d’ATT…). Les crus bourgeois Bordelais vont l’utiliser.
Toutes ces technos !… Lors de mon autre salon (celui des vignerons indépendants), j’ai acheté directement mon vin aux producteurs venus à Paris; en plus de la meilleure authentification possible, j’ai dégusté avec le vigneron. Qui dit mieux ?








